INVESTIR DANS L’ÉDUCATION : UNE NÉCESSITÉ URGENTE

À l’heure actuelle, 263 millions d’enfants et de jeunes ne sont pas scolarisés et environ 130 millions d’enfants supplémentaires fréquentent l’école primaire sans apprendre réellement. Les enfants des pays à faible revenu sont les plus exposés : seuls deux sur trois achèvent le cycle primaire.

Le monde est confronté à une crise de l’éducation. Si l’on n’agit pas aujourd’hui, plus de la moitié de la jeune génération qui arrive — soit 825 millions de jeunes sur un total estimé à 1,6 milliard en 2030 — ne sera pas en mesure d’acquérir les compétences de l’éducation secondaire de base. Ces jeunes seront privés d’opportunités économiques en raison de leur manque d’éducation. Là encore, les enfants de pays à faible revenu sont ceux qui souffriront le plus : seul un sur dix environ devrait acquérir les compétences enseignées dans le secondaire. En d’autres termes, 90 % des jeunes issus de certaines des populations parmi les plus vulnérables au monde seront confrontés à des perspectives très limitées en ce qui concerne leurs moyens d’existence futurs.

Un investissement dans le secteur de l’éducation produit des dividendes extraordinaires, mais cet investissement implique nécessairement de la patience. Tandis qu’une nouvelle moustiquaire ou un nouveau vaccin offre une protection immédiate, une éducation s’étale de l’enfance à l’adolescence. Il est impossible d’en calculer le coût unitaire ou d’en évaluer le rendement aussi rapidement ou de la même manière. Pourtant, un investissement judicieux dans le secteur de l’éducation produit un rendement élevé et les retombées positives s’étendent au-delà du seul élève. Quantité de preuves empiriques montrent que l’amélioration des acquis scolaires, en particulier dans le cas des filles et des femmes, réduit la pauvreté et stimule la prospérité économique, favorise la paix et améliore la sécurité, renforce la santé publique et la sécurité alimentaire, et conduit à une meilleure gestion de l’environnement.

« Il me semble évident que tous les enfants de toutes les régions du monde doivent pouvoir bénéficier d’une éducation de qualité. C’est pourquoi je suis fière du partenariat entre la fondation Clara Lionel et de grands promoteurs de l’éducation tels que le Partenariat mondial pour l’éducation et Global Citizen. Je suis certaine que cette collaboration nous permettra d’amplifier nos efforts et de garantir l’accès à l’éducation pour des millions d’enfants dans le monde. »

Rihanna Ambassadrice mondiale du GPE

RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
Améliorer le financement national

Depuis que la République démocratique du Congo (RDC) a rejoint le GPE en 2012, son gouvernement a nettement augmenté son financement de l’éducation : la part du budget national allouée au secteur est passée de 9 % en 2010 à près de 16,8 % en 2013 et 17,8 % en 201417. Le GPE a soutenu la RDC dans la préparation de son premier plan de transition pour le secteur de l’éducation, le Plan intérimaire de l’éducation (PIE) pour la période 2012-2014. Le ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel s’est appuyé sur le plan pour négocier une augmentation de l’allocation au secteur de l’éducation avec le ministère du Budget et le ministère des Finances. En 2015, soutenue par la Banque mondiale, l’UNESCO et l’UNICEF, ainsi que par un financement pour la préparation d’un plan sectoriel de l’éducation octroyé par le GPE, la RDC a élaboré son premier plan pour l’ensemble du secteur de l’éducation, couvrant la période 2016-2025. Celui-ci impliquait la participation des trois ministères responsables des questions d’éducation. Selon les projections financières du plan, le ministère du Budget et le ministère des Finances se sont engagés à poursuivre l’augmentation du budget alloué à l’éducation afin qu’il atteigne 20 % en 2018 et qu’il offre un nouvel espoir aux 5,3 millions d’enfants non scolarisés dans le pays. De plus, les autorités se sont engagées à assurer qu’au moins 10 % des ressources nationales soient consacrées à l’éducation des groupes défavorisés et marginalisés, notamment les filles, les enfants handicapés, les enfants des populations autochtones et ceux vivant dans des zones reculées.

Photo Credit: GPE/Federico Scoppa

CAMBODIA
Investir dans la petite enfance pour améliorer les résultats scolaires

L’éducation et la protection de la petite enfance de qualité font partie des investissements les plus importants et les plus rentables qu’un pays peut réaliser pour améliorer les acquis scolaires. Le Cambodge a accompli des progrès remarquables en matière de réduction du nombre d’enfants non scolarisés, le taux net de scolarisation se situant à 98 % pour l’année scolaire 2015/2016. Il vise en outre à améliorer le rendement de ses investissements dans l’enseignement en élaborant des programmes préscolaires. Sur les 38,5 millions de dollars de financement du GPE, le Cambodge a en alloué plus de 60 % à l’élargissement de l’accès à la protection et au développement de la petite enfance. Le ministère de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports construit 100 bâtiments préscolaires formels et prépare 1 000 programmes d’éducation de la petite enfance ayant un ancrage local et 500 programmes d’éducation parentale à domicile. L’objectif est que plus de la moitié des enfants cambodgiens âgés de 3 à 5 ans soient inscrits dans l’enseignement préscolaire en 2017.

Photo Credit: GPE/ Livia Barton

Investir dans l’éducation des filles

Le GPE s’efforce d’aider les pays partenaires à aborder les problèmes d’égalité entre les sexes dans leurs programmes éducatifs parce que toutes les filles et tous les garçons devraient pouvoir bénéficier d’un accès à l’école. De 2002 à 2014, le nombre de filles non scolarisées dans les pays partenaires du GPE a chuté de 9,3 millions. Il convient toutefois de renforcer ces actions parce que les filles sont, encore à l’heure actuelle, moins susceptibles de commencer ou de poursuivre leur scolarité que les garçons. Autre motif d’investir dans l’éducation des filles et des femmes : le rendement des investissements est bien plus important que dans le cas des garçons. Les filles instruites ont tendance à se marier plus tardivement et décident d’avoir moins d’enfants. La mortalité maternelle ou infantile est considérablement réduite lorsque les filles restent à l’école et continuent à apprendre.

Nous savons qu’un enfant né d’une mère qui sait lire a 50 % de chances supplémentaires de vivre au-delà de l’âge de 5 ans. Il est également démontré que la moitié de la réduction de la mortalité infantile depuis 19709 et pratiquement un tiers de la réduction de la mortalité adulte3 peuvent être attribués à l’amélioration de l’éducation des filles. L’éducation des filles sauve des vies et offre de meilleures perspectives économiques — aux filles, à leurs familles et à l’économie.

« Pour mettre un terme à l’épidémie du SIDA, il est important que la position des femmes et des filles soit renforcée par l’éducation. Savez-vous qu’au Botswana, chaque année supplémentaire d’école secondaire réduit de 11,6 % le risque d’infection par le VIH chez les filles ? Le GPE montre que l’éducation constitue un investissement intelligent. »

Michel Sidibe Directeur exécutif d’ONUSIDA




LA COMMISSION DE L’ÉDUCATION : L’AIDE À L’ÉDUCATION DOIT ÊTRE ACCRUE ET PLUS EFFICACE

En 2016, la Commission de l’éducation a défendu ardemment le renforcement des investissements dans le secteur de l’éducation. D’éminentes personnalités, y compris des lauréats du prix Nobel, d’anciens chefs de gouvernement et des sommités des secteurs de l’économie, de l’éducation, des affaires, du développement, de la santé et de la sécurité, se sont réunies pour examiner la situation de l’éducation mondiale et définir une voie à suivre. Leur rapport constitue un plaidoyer convaincant pour augmenter les investissements dans le secteur de l’éducation. Il définit un pacte de financement conclu au niveau de gouvernements nationaux qui s’engagent à réformer leurs systèmes éducatifs et à accroître leurs dépenses d’éducation, sous l’impulsion d’une aide internationale accentuée et améliorée.

En analysant les flux de l’aide publique au développement dans le secteur de l’éducation, la Commission de l’éducation a conclu que l’aide devait être à la fois accrue et mieux ciblée, notamment par le renforcement des systèmes éducatifs. La Commission de l’éducation a recommandé

une triple évolution : une plus grande proportion du financement doit être versée en premier lieu dans les pays les plus pauvres, en second lieu pour les premières années de scolarité et enfin à travers des canaux multilatéraux.

Les pays à faible revenu reçoivent moins d’un quart de l’aide à l’éducation. La Commission de l’éducation propose que ces pays reçoivent deux tiers des financements extérieurs d’ici 2030. Elle estime que ces fonds doivent être consacrés aux premières années de l’éducation, afin de s’assurer que tous les enfants aient accès à une éducation de qualité en proposant un enseignement primaire et secondaire gratuit. Selon la Commission de l’éducation, « pour améliorer l’efficience et l’efficacité, une part nettement plus importante de l’aide publique au développement devrait passer par des institutions multilatérales, y compris […] le Partenariat mondial pour l’éducation » et « plutôt que de financer un grand nombre de petits projets comme cela est courant pour l’aide internationale, il est essentiel de mettre en place un appui multilatéral qui financera le renforcement des systèmes, une priorité majeure d’après la Commission ».


Âgée de 13 ans, Shakuntala Badi étudie dans la classe 5B de l’établissement secondaire supérieur Adarsha Saula Yubak, à Bhainsipati, au Népal. Elle est la seule élève aveugle de sa classe.

L’éducation est une des façons les plus efficaces de briser le cycle de la discrimination et de la pauvreté auquel sont souvent confrontés les enfants handicapés. Le GPE recommande d’intégrer l’inclusion du handicap dans l’ensemble des plans et politiques.

© GPE/NayanTara Gurung Kakshapati